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Samedi 16 avril 2022

Qu'est-ce que le wokisme ?


« Les rêves de l’Ourse » vous proposent une série de courts articles pour découvrir le « wokisme » et mieux comprendre son mode de fonctionnement. Si cette nouvelle idéologie venue des États-Unis d’Amérique est éminemment politique et sociétale, son extension au domaine culturel (le sujet qui nous intéresse au premier chef) promet des jours sombres, de nouveaux « temps barbares » (pour reprendre l'expression de notre manifeste).


Dans ce premier article, nous évoquerons l’origine du « wokisme », ses fondements idéologiques, ses modes d’action et son caractère totalitaire…


« Stay woke »


A l’origine, le terme « woke » (« éveillé » en anglais « populaire ») est associé à la lutte des Afro-Américains pour la reconnaissance et le respect de leurs droits civiques. Les Noirs américains se devaient de « rester éveillés » (« stay woke ») face aux injustices dont ils pouvaient être les victimes. Quoi de plus nécessaire, de plus admirable, de plus évident ? Comment imaginer s’inscrire en faux contre un « courant de pensée » aux si louables origines ?


En l’occurrence, la racine a peu à voir avec l’arbre auquel elle a donné naissance. Touchant désormais à toutes les revendications possibles et imaginables portées par les minorités sexuelles, ethniques, religieuses, cet arbre monstrueux s’épanouit aujourd’hui dans le paysage « intellectuel » des élites occidentales, masquant et dénaturant ce qui relève du bon sens, du beau et finalement, du bien.


Les fondements idéologiques du wokisme


Selon l’idéologie « woke », il existerait un nombre incalculable de « privilèges » liés notamment à la couleur de peau (le « privilège blanc »), au sexe (le « privilège masculin » et le « privilège hétérosexuel »), à la religion (le « privilège chrétien », plus spécifiquement catholique).


Cela étant, rien ni personne ne vous empêchera d’allonger cette liste de « privilèges », en fonction de votre situation personnelle (handicap, taille, situation sociale ou financière, niveau culturel ou intellectuel, préférences alimentaires, etc, etc), de votre ressenti individuel face à tout type de situations (réunions non mixtes ou interdites aux Blancs, publicités commerciales non représentatives de la « diversité »...) ou de sujets (l’art, l’Histoire, l’orthographe, entre autres). Vous pouvez même croiser les situations si vous êtes une femme handicapée et analphabète par exemple. C’est ce que l’on nomme « l’intersectionnalité ».


Bien entendu, les avantages accordés aux personnes nanties de « privilèges » conduiraient forcément ces dernières à exercer une domination, un asservissement, une oppression, à l’encontre de celles qui en seraient dépourvues. Ne discutez pas, c’est inexorable. Vous n’y pouvez rien. C’est comme ça, point.


L’action woke


Dans ce nouvel univers mental, il conviendra donc d’opposer une résistance farouche à tout ce qui relèverait de l’un ou l’autre de ces « privilèges », en vue de les effacer (c’est ce que l’on nomme la « cancel culture » ou « culture de l’effacement »), dans un premier temps, de les remplacer (par l’écriture inclusive, par exemple), dans un second temps.


Évidemment, toute opposition à ce mouvement de transformation radicale des mentalités est interprétée comme un soutien objectif aux « privilégiés », aux « dominateurs », aux « oppresseurs », démontrant ainsi la réalité de l’existence de ces mêmes « privilégiés-dominateurs-oppresseurs » et de leurs monopoles. Bon sens ? Pur sophisme. Avec ce type de raisonnement circulaire, un arabo-musulman qui refuserait de reconnaître que ses coreligionnaires ont abondamment pratiqué la traite des Noirs tout au long de leur histoire, doit être considéré comme soutenant l’esclavagisme du fait de son appartenance à une classe privilégiée à un moment ou à un autre de son histoire, et, puisqu’il nie l’évidence de son « privilège historique », considéré de fait comme un esclavagiste, confirmant ainsi de manière irréfutable que les arabo-musulmans sont esclavagistes. Qui parlait de bons sens déjà ?


Wokisme et totalitarisme


En outre, émettre ne serait-ce que la possibilité, peut-être éventuelle, que cette nouvelle idéologie présenterait en réalité toutes les caractéristiques du totalitarisme, vous classera immédiatement dans le camp nauséabond et rance de l’extrême-droite, spectre glaçant venu des heures les plus sombres de notre Histoire. Or, il me semble que le Parti Communiste Français, et son relai presse « L’Humanité », ne frayent pas vraiment avec ce que l’on nomme « l’extrême droite », de même que des personnalités comme Michel Onfray, Jean-Michel Blanquer ou Bernie Sanders (et les socialistes américains d’une manière générale) pour n’en citer que quelques uns. Ils sont pourtant tous de virulents opposants au wokisme. Le procès en « extrêmedroitisation » ne tient donc pas une minute. Il s’agit en réalité d’une contre-mesure idéologique pour éviter tout débat de fond : si vous n’êtes pas « woke », vous êtes donc un suppôt de la « satanique extrême droite », vous ne méritez pas que l’on discute avec vous. Autre sophisme...


Malgré tout, pour éviter le procès en hérésie et votre ostracisation instantanée (illustration magnifique du réflexe pavlovien), une solution s’offre à vous : faire repentance, reconnaître tous vos « privilèges » et vous engager à soutenir la nouvelle doctrine. Sinon, la sentence sera implacable : la mort sur le bûcher. La mort sociale et institutionnelle dans un premier temps. La mort tout court, ce sera pour plus tard…


A venir : « Le wokisme et la culture », « Le wokisme et l’art », « Le wokisme et la littérature »